Articles

Affichage des articles associés au libellé Discipuli

La peur de l'inconnu

Image
En ces temps de rentrée, il nous semble opportun de vous livrer ici les impressions d'une de nos anciennes élèves, qu'elle a bien voulu mettre à la disposition des lecteurs des Cahiers . Nous gardons à l'esprit le bon souvenir de nos anciens terminales, confrontés en ce moment à la nouveauté et, peut-être, à la peur de l'inconnu. M.   Une formule toute faite, dont on se sert volontiers avec un air d’attendrissement dédaigneux pour désigner une inquiétude omniprésente. La peur de l’inconnu : qu’est-ce, après tout ? Une porte au travers de laquelle on n’ose pas regarder ; une page qu’on n’ose pas tourner ! L’éternel point d’interrogation qui surplombe le futur et que l’on voudrait bien effacer parce qu’on aime son confort, qu’on voudrait tout planifier, tout maîtriser ! C’est ce brouillard qui nous environne et nous fait craindre le trou dans lequel on pourrait mettre le pied !... Cette peur, on pourrait même la comparer à celle, plus enfantine, du no...

Une femme humble

Image
  Une ancienne élève (bac 2020) nous envoie un récit, les Cahiers le publient avec reconnaissance.     Histoire d’une femme humble Il la voyait s’agenouiller au pied de l’autel, tous les jours. Elle venait au crépuscule, et restait là environ une heure, chapelet à la main. Sa prière finie, elle s’en retournait, recueillie, paisible. Il avait observé son rituel, de loin, plusieurs semaines durant. Elle n’avait pas encore d’instrument de prière, alors. Elle comptait maladroitement sur ses doigts et, parfois, se trompait. Et, patiemment, après un léger geste de découragement, elle recommençait. Le vieux curé avait fini par lui offrir son propre chapelet. Il n’était pas bien beau, son chapelet : en bois usé, la cordelette abîmée, certains grains à moitié fendus. Mais elle l’avait reçu, les yeux brillants de joie, et un sourire plein de reconnaissance aux lèvres. Depuis, elle s’en était toujours servi. C’était son seul bien. Il savait peu de choses d’elle. Ni jeun...

Réponse à un ancien élève

Image
  Quelle chance de recevoir des lettres d'anciens élèves... Un de mes articles sur la lecture a fait réagir ; Un certain J. a en effet pris le temps de me livrer ses impressions de lycéen, assez conflictuelles, sur la lecture, et met en relief une tension dont j'ai omis de parler dans l'article en question, celle qui existe entre lecture "scolaire" et lecture "plaisir". Il a accepté que je publie son texte, et je rends également publique ma réponse dans la suite.   Bonjour monsieur, J'ai beaucoup aimé votre écrit sur le choix d’un livre, étant donné que le choix de ma future lecture est en général la question que je me pose à la fin de chaque livre. En essayant d'éviter de relire un livre : si on relit toujours les mêmes livres, on n’en découvre jamais de nouveau.   Je me souviens de mes années de collège et lycée à Lectoure. Je me souviens aussi des cours de français parfaitement inintéressants, qui nous demandaient de lire des livres don...

Hommage à Bernard Daubas

Image
Bernard Daubas, ancien professeur de lettres de l'Ecole Saint-Joseph de Lectoure dont nous avons déjà publié un texte ici , nous a quittés cette année. Nous avons demandé à un de ses anciens élèves, Emmanuel Gardeil, d'évoquer quelques souvenirs, qui, je l'espère, donneront au lecteur un aperçu de la personnalité d'un enseignant singulier. J’ai connu Bernard Daubas comme professeur de français et de latin, quand j’étais en quatrième, et il m’a profondément marqué. Je n’aurai cependant pas la prétention de dire « voilà comment un prof devrait être » ; mais dans le panel de tous les professeurs dont j’ai suivi les enseignements, j’étais très heureux qu’il y eût Bernard, et sa manière de faire, manière qui avait des allures d’ anti-manière . Nous avions pour habitude d’être considérés et jugés comme des élèves, alors qu’on avait l’impression, avec lui, de devoir être hissés à son niveau. Il nous tout simplement donnait l’envie d’être adultes, et en particulier pour ce qui ...

Entretien avec Frère Etienne, o.p.

Image
Dans la série des entretiens des Cahiers de Saint Jean , après l'ancien professeur, et l'ancien aumônier, nous vous proposons ce jour un entretien avec un ancien élève. Celui-ci a la particularité de revenir régulièrement au lycée S.-J. de L.. Il y donne, en effet, des conférences ; il s'agit d'un frère prêcheur. Il nous a d'ailleurs déjà proposé une méditation sur la responsabilité dans les Cahiers . Il nous éclaire ici sur son parcours, et sur sa vision de notre lycée. Commençons par vous, frère Etienne. Quelle voie avez-vous choisie après avoir obtenu votre baccalauréat au lycée S.-J. ? Après avoir eu le bac à S.-J., je suis allé aussitôt à Toulouse. C'était une évidence pour moi : si je devais faire des études supérieures, ce serait à Toulouse et nulle part ailleurs. J'ai à tout prix évité de faire une « prépa » : je ne me sentais pas une psyché conformée à cela. J'ai donc intégré une école de commerce, l' ESC Toulouse, qui compo...